Lorsque le ministre de l’Intérieur a annoncé à 17h30 que le taux de
participation avait atteint 34,95%, les organisateurs de la consultation
de ce 10 mai 2012, pouvaient être certains que le nombre d’ Algériens à
s’être rendus aux bureaux de vote hier pour élire leurs 462 députés a
été plus important qu’en 2007. En effet, à cette date et à la même
heure, le taux enregistré était de 28,39%. Au final de l’élection de
2007, le taux de participation au niveau national avait été de 36,51%,
ce qui n’avait pas manqué de faire porter à l’ancienne Assemblée, tout
au long de la législature, l’étiquette de « mal élue ». Mais il en sera
autrement de celle qui sortira des urnes ce 10 mai 2012. Pourtant
l’inquiétude pouvait être de mise à 10h du matin à l’annonce du premier
taux de participation. Et pour cause il était de 4,11% seulement alors
qu’à la même heure, cinq ans plus tôt, il était de plus de 6%. Mais
c’était compter sans la citoyenneté et le civisme des Algériens qui ont
renversé la tendance au fil des heures. Pour preuve, à 12h le taux de
participation au niveau national avait atteint 15, 50% avant de passer à
27,4 à 15h30. Deux heures plus tard, à 17h30, le ministre de
l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, fait
une nouvelle apparition à la télévision nationale pour annoncer le
nouveau taux de participation au niveau national. Il a atteint 34,95%
a-t-il ainsi déclaré. Soit 7.225.292 votants. M Daho Ould Kablia a
également précisé que ce taux dépasse celui des législatives de 2007.
Il a ajouté que la wilaya de Tindouf avec un taux de 48,61% occupe
toujours la première place des wilayas ayant enregistré les taux les
plus élevés, relevant que d'autres wilayas ont également enregistré des
taux qui avoisine les 50%. A 22h30 le ministre est apparu une nouvelle
fois à la télévision pour annoncer le taux de participation national
enregistré à la clôture de l’opération de vote. « Je suis heureux de
vous annoncer un taux de participation de 44,38% », a-t-il déclaré. Nous
reviendrons dans notre prochaine édition sur ces résultats.
Nadia Kerraz
Un taux de participation total de 42,90 %
Le taux de participation aux élections législatives a atteint 42,90 %,
a annoncé hier soir à Alger le ministre de l'Intérieur et des
Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia. Le taux de participation au
niveau national a atteint 44,38 % au niveau national, alors que le
taux de la participation de la communauté nationale à l'étranger a
atteint 14%.
Opération de dépouillement à l’Ecole primaire El-Istiqlal (Alger-centre)
Sérénité et transparence
La journée de vote d’hier pour les élections législatives 2012 s’est
clôturée à l’horaire fixé par l’administration, c’est-à-dire à 20h00
précise ! L’occasion pour nous de nous présenter au centre de vote de
l’école primaire El-Istiqlal, sis rue de la Liberté, dans l’importante
commune d’Alger-Centre, pour assister à l’opération de dépouillement.
C’est en toute convivialité que MM. Abderrahmane Saïfi, chef de centre
et Mohamed Aït-Tahar adjoint, nous accueillent. Dans un élan de
générosité, ils nous ont facilité la tâche, en prenant soin de répondre à
toutes nos questions concernant les conditions dans lesquelles s’est
déroulé le vote dans leur centre. Pour M. Saïfi : «Tout s’est très bien
passé. Toutes les conditions étaient réunies pour qu’il en soi ainsi.
Les citoyens ont voté dans le calme et la sérénité. Franchement, nous
n’avons rencontrés aucun problème. La transparence a prévalu dans son
sens le plus noble. On ne pouvait espérer mieux et je parle du centre
dont j’ai la responsabilité.» Il faut dire, qu’une ambiance bon enfant
se dégageait des lieux, où étaient présents en plus des agents chargés
de recevoir les citoyens au sein des bureaux de vote, un représentant de
la Cnisel, des représentants de partis et de la presse nationale, des
observateurs étrangers (espagnoles) qui ont assisté par la suite au
dépouillement, caméra en main. Ces derniers n’ont pas manqué de discuter
avec les représentants de partis présents sur place. Dix minutes à
peine après la clôture officielle de l’opération de vote, le
dépouillement commence dans les différentes classes au nombre de huit
que compte l’établissement en question. Nous prenons place au niveau du
bureau numéro 16, commence alors le dépouillement de l’urne
transparente. Les agents mobilisés par l’administration pour s’occuper
du vote et du dépouillement, toutes des femmes, faut-il le préciser,
entament l’opération avec le sérieux exigé pour une telle circonstance.
Bulletin après bulletin, qui sont mentionnés au fur et à mesure sur le
PV, par deux des agents présents au nombre de cinq, c’est le sigle PT 44
du Parti des travailleurs que dirige Mme Louiza Hanoune qui revient le
plus souvent, suivi respectivement de celui du FLN, puis du FFS, ensuite
vient le MPA, l’Alliance Verte, le RND. Suivent ensuite quelques autres
partis qui n’ont obtenu qu’une seule voix au niveau de ce bureau de
vote. Ensuite, et après avoir fait un tour dans les différentes classes
de ce centre de vote, il apparaît clairement aux dires des agents
chargés de l’opération du dépouillement que c’est bien le Parti des
travailleurs qui mène le bal, suivi du FLN. Les votes sont comptabilisés
les uns après les autres avant d’être consignés dans des PV
soigneusement et fidèlement retranscrits. Au niveau de l’établissement
primaire El-Istiqlal, dont l’appellation a pris tout son sens à
l’occasion de cet important rendez-vous pour la nation algérienne, le
vote a été à la mesure des instructions fermes données par le Président
de la République, quant à l’honnêteté et à la transparence du scrutin.
Mohamed-Amine Azzouz
Les législatives en chiffres
Le corps électoral : 21.673.345 électeurs et électrices, dont
20.673.875 au niveau national, soit un taux de 95,43% et 990.470 au
titre de la communauté nationale établie à l’étranger, soit 4,57%.
• La répartition du corps électoral par sexe :
-11.772.792 hommes, soit un taux de 54,34%
-9.891.553 femmes, soit un taux de 45,60%
• Centres et bureaux de vote :
-11.520 centres de vote
-48.546 bureaux de vote, dont 217 itinérants soit
un taux de 0,45%
• Dépôt des dossiers de candidatures
-44 partis participants, dont 21 agréés depuis l’entrée en vigueur
de la nouvelle loi organique relative aux partis politiques en février
2012.
-2.053 listes de candidats initialement déposées pour 25.800 candidats.
-2.038 listes officiellement retenues après expiration des délais de recours judiciaires.
-1.852 listes déposées sous l’égide de partis politiques dont 50 par les alliances.
-186 listes indépendantes.
-24.916 candidats dont 7.700 femmes soit un taux de 30,90%.
• Encadrement
-404.167 éléments répartis entre les centres et les bureaux de vote et les commissions électorales.
• Infrastructures mises à la disposition des partis et
candidats dans le cadre de la campagne électorale : 4.342 réparties
comme suit :
-2.174 salles fermées.
-1.040 stades.
-1.128 places publiques.
• Les observateurs internationaux
-ONU : 10 observateurs.
-Union Africaine : 250 observateurs.
-Ligue des Etats Arabes : 110 observateurs.
-Organisation de la Conférence Islamique : 20 observateurs.
-Union Européenne : 150 observateurs.
-National Democratic Institut (NDI) : 9 observateurs.
-Indépendants : 2 observateurs.
S. S.
• Partis politiques :
-28 agréés sous l’ancien régime juridique dont 4 non autorisés à activer.
-21 agréés depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi organique relative aux partis politiques en février 2012.
-4 partis ayant tenu leurs congrès constitutifs. (2 dossiers déposés pour l’obtention de l’agrément).
-3 partis autorisés à tenir leurs congrès constitutifs (congrès non encore tenus).
-24 dossiers de création de partis politiques en cours de traitement.
-11 dossiers de création rejetés.
S. S.
En toute responsabilité
En se dirigeant vers les bureaux de vote pour accomplir leur devoir de
citoyens les Algériens et Algériennes étaient hier parfaitement
conscients de la signification et de la portée de leur geste en ces
moments historiques. La conscience collective s’est manifestée dans ce
même élan qui a poussé chacun à répondre présent et contribuer à
l’expression de la souveraineté populaire pilier de la démocratie.
Le souhait de chacun est aussi d’apporter une pierre à l’édifice,
construire une société où l’ensemble de ses membres pourront vivre dans
l’harmonie et la cohésion. La dimension exceptionnelle de cette
consultation apparait clairement au regard du processus de réformes
lancé par le Président de la République le 15 avril 2011 en vue
d’asseoir la démocratie et l’Etat de droit. Les mesures intervenues
pour traduire dans les faits la volonté de réforme ont apporté des
éléments suffisamment probants pour emporter l’adhésion des acteurs de
la société (partis, associations…). Les nouvelles lois sur les partis,
le système électoral, les associations, la participation des femmes,
l’information et le dispositif mis en place pour garantir la régularité
et la transparence du scrutin ont incité les partis anciens et nouveaux à
participer en force au scrutin. La campagne électorale a été intense et
les observateurs ont pu se rendre compte de la réalité du pluralisme,
de la diversité des programmes défendus par les partis, l’émergence de
nouveaux candidats avec une proportion appréciable de jeunes et de
femmes. L’opportunité est bien là pour réussir le saut qualitatif après
les réalisations remarquables et les nombreux acquis engrangés durant
une décennie d’efforts dans la voie du redressement.
L’Algérie a pu tourner la page de la tragédie nationale et amorcer un
processus de développement ambitieux à la faveur du retour de la paix et
de la stabilité. Les programmes de relance mis en œuvre qui ont
mobilisé des ressources financières colossales (PSRE, premier et second
programme quinquennal) ont permis de doter le pays en infrastructures
modernes d’un grand impact sur le plan économique et social (autoroute
Est-Ouest, barrages, chemins de fer...) Et dans le même temps les
besoins des citoyens au plan de l’emploi, du logement, de la santé etc.,
ont pu trouver une solution dans une proportion qui a permis de
desserrer la pression même si beaucoup reste à faire. L’Algérie est
revenue en force sur la scène internationale au moment où de nombreux
pays étaient durement affectés par la crise économique et financière.
Des succès qui dérangent et les forces du mal sont revenues à la charge
dans le sillage des événements qui ont touché notre région avec l’odieux
dessein de voir le pays sombrer dans la violence et l’instabilité.
Le plan machiavélique a échoué le peuple algérien ayant montré durant
ces moments sensibles son haut niveau de maturité. Armés du même esprit
de responsabilité les dignes fils de l’Algérie veulent aller vers de
nouvelles conquêtes dans la voie du progrès et de la modernisation. Les
défis que notre pays doit relever sont nombreux qu’il s’agisse de
répondre aux attentes des citoyens en matière d’emploi, de logements,
d’élimination de la pauvreté et d’amélioration du niveau de vie en
général, de contribuer à l’émergence d’une économie diversifiée et
productive comme alternative à la rente pétrolière, de donner un élan à
la dynamique de construction du Maghreb arabe à travers des projets
intégrateurs et renforçant la complémentarité, de promouvoir un
partenariat gagnant-gagnant, notamment dans l’aire régionale à laquelle
nous appartenons(Méditerranée, région arabe, Afrique). Autant de
challenges que l’équipe qui aura à gérer les affaires du pays en
collaboration avec les différentes institutions dans le respect des
prérogatives dévolues à chaque partie se doit de relever.
La responsabilité citoyenne lors de cette consultation historique est
de faire émerger une majorité forte de la légitimité populaire et apte à
mettre en œuvre les réformes et les projets les plus profitables au
pays et aux citoyens. En répondant présents et en s’étant acquittés de
leur devoir en cette étape cruciale les Algériens auront démontré,
encore une fois, leur volonté de voir leur cher pays persévérer dans la
voie du progrès et de la modernité.
Fuente: El Moudjhahid